vendredi 11 octobre 2019




Extrait huile sur toile 100x100 "Souvenirs d'Egypte"

Ce mot

Un mot, juste un mot,
Un mot oublié du dictionnaire du jamais dit,
Un mot du tréfonds, un mot crève plafond.
Un mot qui roule, un mot qui coule, un mot qui sent bon.
Un mot qui donne du plaisir, pas qui fait plaisir.
Un mot du désir, sans baiser ni vampire.
Un mot juste, juste un mot.
Pas trop naïf, pas trop osé.
Un mot qui fait rire mais pas trop.
Un mot baume, qui soigne tout.
Sans effet secondaire,
Sans vouloir trop en faire.
Tout, trop. Trop, tout.
Un mot qui perce le cœur sans lance.
Un mot qui danse en transe.
Un mot sexy mais pas trop.
Un mot fendu en résille.
Un mot nectar qui pétille.
Un mot du jamais entendu sans sous
Jamais murmuré, jamais chuchoté
À l'oreille d'aucun oreiller.
Un mot qui joue 
Un mot qui jouit
Un mot qui meurt
Un mot qui vit.
Un mot venté sur le fil à s'étendre
Un mot séché au soleil du tendre.
Un mot qui glisse sans ripper
Un mot qui grimpe en rideaux sans biaiser
Un mot d'extase
Un mot vrai qui dit tout sans un mot
Un mot cri sans l'écrit 
Un jour viendra
Je dirai
Ce mot là.








mardi 8 octobre 2019







Cœur en jachère


De la promenade aérée d'un passé simple en laisse 
Sur l' île cachée du vieux caracolâmes en âmes
L'oison vînt se coller à l'épaule d'un conte d'ex.
L'oreiller pailleté en poussières d'or décomposées
Embaumait l'amère des théières fêlées.

Le chemin arrière du verbe sema le doute
Le doute donna des pousses
La ciguë s'insinua
Le chiendent poussa
Le pissenlit quant à lui resta au lit.
Ce matin là, décoré du poisson mort évanoui,
Sous sa toison d'or, le loup dormait encore.
La peur récidiva,
Le courage s'amenuisa,
L'éclair se cacha,
Le tonnerre se crapahuta,
L'arc-en-ciel s'éclipsa..

La vieille fanée en retraite, resta en maison abandonnée.
La chienne âgée en chenil, se trouva adoptée.
De paradoxes pullulants  en émotions percussions
Au monde terne d'absurdités se jouant en perditions
De l'eau ! de l'air ! et puis tant pis
À corps perdu s'envoyer en épistolaire.
En vies de nouvelles, sans  mot vulgaire.
En nuit sous bulles, même éphémères.
Sous  temps du composé
Sous œillets sans soucis évanouies,
Sur jachère finie, 
Sur chiendent parti,
Rossini pétille.



vendredi 20 septembre 2019




Extrait huile sur toile

Ses fautes d'orthographe géantes comme des tours jumelles,
S'écroulent sur sa corolle d'harmonie d'hier.
Son délicieux supplice d'être encore en vie
 Se fond sur glace plombière.
Le décor insolite de l'escalier de sa vie
S'ouvre à l'horizon mégalithe 
D'un " l'a la " comprise.
Ce matin,  elle grappille encore
 Les instants du  silence magie
Loin du rang de l'enceinte des morts,
Sa valse en Strauss est toujours là.
Brassens en 22 septembre se déchausse
 Face à l' église peinte par Vincent l'envoûté.
Tourne dans sa tête, tourne, tourne, sur parquet ciré
Vie échappée, vision parachute de voile brodé
Couronne d'oranger sous cloche 
Formol  en veines invisibles
Piège de calvaire pour débutante aveugle.
Inutile besoin de chute en amitié possible
Il l'a comprise
Sang du frère méprisant sans surprise.
Vous m'avez comprise et j'ai compris.
Il :"l'a la" comprise
La faute note d'un la la comprise
 Gratuite et sans Prix.






mercredi 18 septembre 2019









Kenavo


Au cœur du silence infernal de la colline endormie,
Parmi les sarcophages d'une nécropole assoupie,
Une fée maraboutée jaillie, 
Du crâne édenté de la Baba Yaga rajeunie.
Sa soif d'ailleurs asséchée la tiraille.
Sa gorge serrée l'accompagne.
Sa corde suspendue sans vie
à la vis du vitrail en campagne
Se dévisse.
Imagine sa Livie drapée de modestie 
Scrutant les traces
Pour elle abandonnées 
Par un Ulysse mystère
 De Province Trévise. 
Imagine sa jument, son faucon
Son vert feu grondant du roulement de sa boule stoppée
Près des deux chemins
à l'orée d'un livre en poésies
écorné par sa main
sur le tapis bleu  d'un cœur inconnu
sans clémentine ni romarin assassin
La montagne muses sans map's l'attire
Au lieu sacré où tout l'utile devient laid
Théophile l'hélant sur balai
Au Parnassien en débauche
agitant sa grenouille anesthésiée
loin des tribuns sans fauche
Fac et Spere
Rossini en cocktail
sur mesure pétillante
devant l'artifice du feu
couve sa chute traduite
d'un 
Au revoir
en 
Kenavo.









mercredi 27 mars 2019



                                                              Trois huiles sur bois

Des mots du silence
Tonnent les artifices du ciel
De dents dures en sentences affligées
Des parjures accusés de fautes en innocence
Lèsent en retour les intelligences superficielles
Tombées du four en indigences réelles.
Les mots du mâtin tâtent le parpaing
Des vieux câlins du rapace assassin
Sommeil illusoire sur le rasoir
Souillant le buisson du néant
Le cloporte ardent sonne aux clochers
Le vieux glas des maraîchers
ânes bâtés de nos vieux jours périmés
Où sont vos cœurs asséchés
Germant nos hivers à l'envers
Sur les étés de notre passé?
L'homme en armure
Rase les murs
Au son des murmures en transe
Entre voyeurs et exhibitions
Nos intimités se dansent en perdition
et se meurent à l'unisson.
Ninaïe


dimanche 10 mars 2019








Corsage serré entre ciel et terre
Ouvreur du cortège d'un souvenir en poche
Intuitions délavées en larmes de chaire
Encres séchées sur son de cloches.
Impression sur ans sans éclat
Mosaïque de chèvre en violoncelle
Explosée sur le désordre informel
Des monts d'un cœur à plat.
Courage du dire « Non » avant le trop tard.
Même si les regards se détournent sur les trottoirs
Même si le chameau blatère sur le parterre
Courage d'oublier l'inutile du regard en phare
De éphémère amour futile
Débarbouillé  d'inutile
Sur l'esplanade où l'escapade du brouteur de mou
S'évade vers l' horizon du morbide
Où le silence insipide du vieux  bouilleur de cru,
Sonne le glas du sordide.
Raideurs d'artifices en pilules mortelles
Sur l'autel des vierges sans aile.
Rêve du jardin inondé d'Eden
De détritus en cheveux souillés
De tip en tifs préservés d'Inde en chevelures perdues
Pour calvities occidentales charmantes en serpent
Le tombé des dalles en succursales
Tombes tombes sur la dalle......
Ninaïe
10.03.2019 
09:15


lundi 11 février 2019



Elle se taisait, depuis si longtemps.
Je l'imaginais en voyages pour l'éternité.
Là, où les âmes la reconnaissent dans la nuitée.
Je la sentais parfois dans une tour de pierres suintantes,
En attente d'une charrette pour flammes ardentes.
Sur le fil blanc des enfants à dos de chameau,
Je la voyais tournoyant sur la glace des délices,
Avec son parapluie blanc, couleur de pain d'épices.
Je l'effleurais parfois sur une écume océan.
Je la jouais perchée sur chat ronronnant,
Explosant ses bulles de savon avec un marmiton.
La trinité passée, Mironton,
J'étais plus que certaine.
Mirontaine.
Ne plus la revoir jamais. 
Jamais. Plus Jamais.
Même si parfois un regret d'elle me venait
Quand si belle, elle se glissait sous ma palette.
Mon pinceau frémissait dès qu'il pensait la reconnaître.
Je pensais qu'elle était partie 
Qu'entre elle et moi 
Tout était fini
Pour toujours
Comme un vrai désamour.
Elle est revenue pourtant
Sans heure 
Elle se taisait,
 C'est tout
Douleur.

Ninaïe

vendredi 1 février 2019


                                                     huile sur toile (retouche noir et blanc)

Ton Abandon vaut million...

Nul besoin de prison,
Pour connaître l'abandon.
Ce sentiment obscur,
Qui traverse l'horizon.

Quand la vie part à vau-l'eau,
Sur les images pures,
D'un tour sans rideau.
Le dessous du serment suppure,
De crinolines en cruautés.

L'Absence.

Les chants du néant 
De l'enfant qui pense
Brûlent des images cristallines
Du collé d'un doigt 
Sur sa page blanche.

Absence.

Elle s'est fâchée hier soir.
Ses vagues pour géant
Déchiraient sa tête noire
Ses illusions perdues du temps
De sa nudité toute cru d' ivoire.
Tempête de nuit sans lune
Sang d' étoile et sans rime
Du couple infernal en tristesse.
Déchirure pour musique en laisse
Silence au titre qui transperce
Son gros chagrin tombé du toit
Écrasé d'un coup lourd sur la terrasse
Dans sa rue sombre
Ses ombres l'effacent.

Abandon.

L'enfant sent le bois qui tourne
Au cloître qui trépasse
La tourière au goitre le charge
Tel un colis de guerre
Rien dans la marge
ça passe ou ça casse
Sept ans déjà!
La guerre est là.
L'enfer protecteur
Sa mère souvenir
Des parfums du hareng
Force du landau bien faisant
Sur un chemin faisant harassant
S'envole rejoindre l'océan
Des marins haletants en dérive vers les néants.

Camille ton abandon vaut million
Point de suspension 

Ninaïe




lundi 28 janvier 2019


"la télé de la mer"


Récupérations

Le silence de Beethoven m'accompagne
De récupérations, en récupérations
De tva, en eau de pluie.
D'amour perdu, en enfants à l'école aussi.
De données personnelles, en points de circulation.
De temps de travail, en politique.
D'objet perdu, en artistique.
On peut tout récupérer.
De la santé, à la chaleur.
Du beurre, au goût des saveurs,
Même ta sœur qui t'attend, à l'heure
 Près du percolateur.
Tout, tout est récupérable.
Tout!
Sauf la Mort et Moi.
« L'idée de surréalisme tend simplement 
à la récupération totale 
de notre force psychique »
« Je demande pour ma part 
à être conduit au cimetière 
dans une voiture de déménagement »
André Breton en deux citations.
Une récupération personnelle
 D'un post-scriptum pour post mortem
Qui me va comme un gant.

Ninaïe

dimanche 27 janvier 2019



extrait  huile sur toile en cours


Cœur d'artichaut

Cœur d'artichaut haletant,
Buveur d'élixir de terre.
Fleur mauve du souvenir éclos,
Ombres sur choix,
D'une caverne en proses.
Peines éphémères.
Décor d'allégorie aveugle et sourde.
Humaines sombres misères,
Suintantes des zestes d'osmose.
De mots en mots injustes et sévères,
De sœurs acides en pieuvres amères,
Embarquement immédiat,
Vers les parois taguées d'hier,
Où le graffiti soupire.
Décor d' instants purs et palpables,
Où l' Aïon  s'oppose à Chronos.
Vision du Superman en haillon,
Rongeur de  freins
Implorant sa suicidaire Sophia
En devin escaladeur
De son balcon assassin.
Le Batin du matin, 
Coffreur caché de l'ennui
Du violoncelle jailli la vie
Mais du Zahir envahissant
Se meurt tout simplement
Le cœur d'artichaut haletant
Dans l'attente d'une autre vie.

Ninaïe